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Le Grand Prix lycéen des Compositeurs

 

 

 

                        Depuis l’année scolaire 2002-2003, les élèves des classes de seconde et/ou de première de l’option facultative musique participent à cette action, organisée par la revue La Lettre du Musicien.

                   De quoi s’agit-il ?

                   De faire découvrir la musique savante contemporaine, souvent très peu connue, et qui a la réputation d’être difficile.

                   Les lycées participants reçoivent une sélection de CDs récents, de compositeurs français âgés de moins de 45 ans ; aidés par leur professeur, les élèves écoutent des extraits, apprennent à exprimer ce qu’ils ressentent, abordent le vocabulaire technique des paramètres du son, et rédigent une « critique musicale » pour l’œuvre qu’ils préfèrent. Au compositeur qui suscite le plus de préférences, les organisateurs décernent le Grand Prix.

                   C’est une expérience qui ne va pas de soi : pour beaucoup d’auditeurs, le langage contemporain déstabilise ; on pourrait s’attendre à des rejets brutaux, y compris chez des élèves qui pratiquent la musique ;

                   Les réactions des élèves témoignent souvent d’une réflexion profonde :

    - Pourquoi est-ce qu’une œuvre contemporaine semble plus difficile qu’une symphonie de Mozart ? Est-ce une question d’habitude ?

    - Peut-on éprouver des sentiments analogues à ceux procurés par la musique romantique, par exemple ?

    - Y a-t-il un rapport entre cette musique savante et celle qui constitue l’environnement sonore habituel des jeunes ?

    - Comment parler de la composante musicale qui semble privilégiée : la qualité des sons, surtout quand ils sont produit par des moyens nouveaux : sons concrets, acousmatiques, électroacoustiques ?

 

Et on a aussi de sincères enthousiasmes, la qualité des écrits en atteste, ainsi que le plaisir avec lequel les élèves s’échangent les disques pour pouvoir réentendre les œuvres à la maison.

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Cette année, six compositeurs étaient présentés aux élèves :

Zad Moultaka   Zikr   (2003)
Karol Beffa   Manhattan   (2009)
Joshua Fineberg   Empreintes   (1995)
Benjamin de La Fuente   God rid of the shackles   (2008)
David Lampel   Sextuor   (2004)
Gérard Pesson   La lumière n’a pas de bras pour nous porter   (1994)
3 pièces pour piano   (2008)

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       A l’issue du travail d’écoute et de commentaire, les élèves ont réellement acquis des « clefs pour mieux appréhender le langage musical contemporain :

-  De nos jours, on cherche toujours à favoriser l’émotion de l’auditeur.
- La tradition musicale occidentale n’est pas rejetée ; on se situe dans la suite logique de son évolution ; les paramètres du son sont toujours les mêmes, mais la notion de consonance/dissonance s’est élargie.
- On s’inspire des traditions non occidentales, et on vise à un rapprochement des cultures (mondialisation ?)
- On prend en compte notre environnement sonore quotidien.
- Après l’éloignement qui s’est opéré avec le public, on cherche à se rapprocher des formes de musique populaires, de leur spontanéité, de leur énergie, et de leur expression souvent improvisée, que maîtrisent mal les musiciens de tradition savante.
- Le paramètre couleur, alliance de sons, création de nouvelles sonorités, trouve son aboutissement dans le traitement électronique du son. Les compositeurs utilisent des logiciels élaborés par l’IRCAM, qui est un lieu de formation mondialement influent. Mais même sans utiliser l’électronique on peut aussi affiner la palette des sonorités instrumentales grâce à des modes de jeu très détaillés, et une attention particulière portée à la résonance et au silence.